Garcon Gay — Histoires Jeune

« Pour que tu te souviennes, » murmura-t-il, « qu'il y a de la lumière même sous la pluie. »

Léo posa ses lèvres sur les boucles brunes de Raphaël. Il sentit leur parfum de shampoing à la pomme. Il sut que ce moment, fragile et immense, resterait gravé en lui pour toujours. Parce qu'aimer un garçon, ce n'était pas une honte. C'était juste aimer.

Raphaël avait des boucles brunes qui lui tombaient sur les yeux et une façon silencieuse d’exister, comme s'il cherchait à se faire oublier. Mais Léo, lui, ne pouvait pas l'oublier. Histoires Jeune Garcon Gay

Un mardi de pluie, le professeur de français les mit en binôme pour un exposé sur la poésie. Raphaël vint s'asseoir à côté de Léo sans un mot. Son épaule frôla celle de Léo, et Léo sentit son cœur tambouriner contre ses côtes comme un prisonnier.

Et c'était la plus belle chose qu'il avait jamais faite. « Pour que tu te souviennes, » murmura-t-il,

Raphaël sourit. « Moi, c'est Rimbaud. Parce qu'il parle de la liberté. »

« Verlaine, » répondit-il enfin, d'une voix étranglée. « Parce qu'il parle de la pluie. » Il sut que ce moment, fragile et immense,

« Tu aimes quel poète ? » demanda Raphaël, en sortant un carnet couvert de stickers.

Léo sentit ses yeux s'embuer. Il avait attendu ces mots sans même savoir qu'il les attendait. Ils restèrent là, immobiles, dans le rayon des classiques, et le silence n'était plus un ennemi mais un allié.